Beaux-Arts de Wavre

Atelier de dessin

Professeur : Anne DE ROO

Devant un papier d’un certain format, d’un grain particulier, d’un blanc azuré ou, au contraire, un peu ivoire, commence l’activité du dessinateur.

Celui-ci choisira peut-être d’effleurer la feuille d’une série de traits à peine visibles; un autre préférera écraser le fusain avec force, de façon à ce qu’il charbonne la surface. Celui-là promènera un crayon sec, incisif selon un parcours figuratif ou abstrait. Un autre encore étalera à larges coups de brosse des tracés amples à l’encre de Chine.

Certains préféreront construire le dessin petit à petit, par couches successives et obtiendront une matière enrichie de ces superpositions tandis que d’autres choisiront un travail rapide : ils progresseront plutôt par la répétition d’essais, de croquis que l’on feuillettera ensuite comme un cahier ou qu’on épinglera au mur en une longue série afin d’en suivre le fil.

Dessiner c’est surtout cela : choisir. Choisir des modes de travail qui ont autant de sens, pour le dessinateur, que pour le contenu figuratif ou abstrait fixé par le tracé ou les ombres.

Modèle vivant

Professeur : Muriel Peers

« L’art consiste à imiter la nature », l’antique phrase d’Aristote résonne encore jusqu’à nos oreilles et à son écho s’associent d’autres idées aux origines et aux contours plus ou moins confus : le dessin comme base de la représentation, le nu comme apprentissage des belles proportions (la formation académique par excellence), l’adéquation la plus véritable entre le réel (le corps par exemple) et sa figuration comme preuve de savoir-faire.

Mais de quelle espèce est-elle cette nature ? Le réel n’est-il pas tellement vaste qu’il nous faille faire des choix ? Que faut-il imiter au juste, cette nature n’est-elle pas constituée d’accidents, de particularités? Y aurait-il un modèle à privilégier ? Quelles règles appliquer si tant est que dans cette accumulation de particularismes, elles existent?

C’est ici qu’apparaît la figure du modèle vivant. Silence.

Le corps nu, scénographié, est devenu modèle. Une distance a été mise entre l’intimité du corps nu et la nôtre grâce aux attitudes (celle du modèle et des personnes présentes) et à l’environnement (l’atelier, le socle, les lumières,…).  Et aux résonances historiques et culturelles précédentes se mêlent d’autres sentiments ; tout un ensemble de projections, de tabous, de codes s’instaurent entre le regardé et les regardeurs. Car rien n’est moins neutre que le spectacle d’un corps qui pose.